C’est quoi le bonheur?

 

Enfance heureuse

 Dès l’adolescence, le bonheur est à nos portes. Je parle d’adolescence, car dans mon cas je n’ai aucun souvenir de mon enfance. De ma naissance à environ treize ans, mon subconscient a pris le dessus, en cachant à son confident le conscient, des événements tragiques qui se sont produits l’année de mes cinq ans. Un exercice de survie que je comprends mieux aujourd’hui.

Je sais que mon enfance a été heureuse malgré tout. J’avais neuf frères et cinq sœurs, tous plus âgé que moi, pour m’entourer et s’occuper de moi à l’occasion. Mais est-ce suffisant pour que je puisse dire que j’ai eu une enfance remplie de bonheur? Pas certain.

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Étais-je heureux

À l’intérieur de la maison paternelle, les restrictions étaient trop nombreuses et trop sévères pour y laisser respirer le moindre bonheur. L’amour, la tendresse, les larmes étaient des choses à cacher. Un enfant n’avait pas le droit de parole, son opinion n’intéressait personne. Tous les gens de la maison devaient vouvoyer les parents, c’est une des raisons pour lesquelles je n’ai jamais eu d’échange verbale avec mon père.

À l’extérieur de cette maison trop protectrice, un sentiment de liberté m’entourait, mais ce n’était là aussi qu’éphémère. Un événement heureux n’est pas nécessairement un signe de bonheur.

                                                   

J’oublie facilement

Les événements que je vivais disparaissaient rapidement de ma mémoire. Je développais graduellement une faculté déconcertante à oublier les événements de mon quotidien. J’avais compris dès l’âge de cinq ans et bien malgré moi, que tous les événements vécus ne sont pas bons à garder en mémoire. Ma mémoire consciente conservait seulement ce qu’elle jugeait important. Le reste était emmagasiné chez son ami, mon inconscient. Cette pratique fut, tout au long de ma vie, un exercice de survie.  Avais-je atteint la compréhension de ce qu’est le bonheur pour autant? Je ne crois pas. J’avais seulement appris, à me protéger, en oubliant les détails qui risquaient de me faire souffrir. Mon subconscient s’est bien occupé d’emmagasiner ces souvenirs. Je ne vois pas d’intérêts aujourd’hui à les mettre à jour.

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Je vieillis

Me voilà marié. Beaucoup de bonheur à ce premier mariage. Deux enfants sont venus combler notre joie de vivre. Ce bonheur était-il là pour rester? Nous avions, ma conjointe et moi, chacun nos petits bobos à guérir ou à faire évoluer et cela indisposait notre capacité à apprivoiser le bonheur. On compensait notre ignorance et notre manque de dialogue par des artifices comme le magasinage compulsif ou pis encore, par la boisson.   

 

Une béquille                                                                       

 La boisson m’a beaucoup aidé à emmagasiner mes non-dits. Elle a aussi contribué à prendre des décisions ultimes en pensant que cela règlerait tous mes problèmes. Quand le conscient n’arrivait plus à emmagasiner ses malheurs dans le subconscient, la boisson venait effectuer le travail.

Le bonheur était de passage

Les grands moments de bonheur que j’ai vécu dans mon premier mariage étaient-ils du bonheur que je n’ai pas su entretenir? Je ne crois pas. Je crois que ces moments de grand bonheur ne faisaient pas partie de moi. Ces périodes de bonheur passaient dans ma vie, il n’en faisait pas vraiment partie. Je l’ai compris bien plus tard.

Si on gagne un gros montant à la loterie, le bonheur semble s’installer, mais en réalité, quand on ne sait pas comment utiliser cet argent, le bonheur n’est que de passage. Il passe sans jamais vraiment s’arrêter. On en retient que de brefs moments d’euphorie. Rien qui puisse nous rendre heureux.

 

Je quitte le bonheur

Le divorce prononcé après vingt-neuf années de mariage et ma rencontre avec Johanne ont chamboulé ma vie pour le mieux. J’ai pleuré ma première année avec Johanne. Je m’en voulais d’avoir raté cette portion de ma vie. Je m’en voulais de ne plus pouvoir admirer ma petite fille, de ne plus avoir de contacts avec mes deux enfants que j’aime vraiment. Vous avez compris que je ne vois plus mes enfants, mais cela est une autre histoire. Aimer c’est aussi laisser partir l’autre.

 

J’étais coupable

Tout était ma faute et je devais vivre avec. Je croyais avoir quitté ces instants de bonheur que je ne reverrais plus jamais. Je continuerais ma vie sans attente aucune et surtout en me méfiant de ce bonheur que je ne voulais plus rencontrer, parce qu’il m’infligeait des blessures à chacun de ses passages.

Mais c’est quoi le bonheur?

 

Robert (suite la semaine prochaine)

Un Réponse à “C’est quoi le bonheur?”

  1. Gina

    Hâte de voir la suite 🙂 juste comme ça pour moi le bonheur c’est pour moi une beauté que je trouve partout

    Répondre

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