Une vraie prémonition

La méditation

    La dernière année où j’ai travaillé à l’usine, Johanne m’avait enseigné à faire des méditations. J’aimais ça. Cela m’apportait une paix, une tranquillité intérieure que je ne retrouvais pas ailleurs.                                                                                              Lorsque je travaillais la nuit, je profitais de ma pause pour méditer. Un soir, assis confortablement, après avoir relaxé, je me suis retrouvé en état de rêve. Mais, ce n’en était pas un. Je sais très bien que je ne dormais pas. Je vivais un évènement d’une clarté incroyable. C’était comme dans la vraie vie. c’était une vraie prémonition. En voici le récit.

Mon mariage

    Johanne et moi étions à l’intérieur d’un grand chapiteau blanc. Autour, il y avait les membres de nos familles. Nous célébrions notre mariage. Je pouvais même deviner le mois et la saison. La chaleur qu’il faisait me confirmait que nous étions en juillet. Le tout se déroulait comme si je visionnais un film complet, résumé en deux minutes. La précision et la clarté étaient hallucinantes. J’étais habité par un sentiment indescriptible. J’ai pris conscience que cet événement était prémonitoire. J’avais la certitude que cela se produirait.

Toute une expérience

    Les mots me manquent pour décrire ma prémonition. C’est encore une fois : « au-delà des mots »                                              Revenu à la réalité après je ne sais combien de temps, j’avais pour la première fois de ma vie la certitude du chemin à prendre. Je savais où j’allais sans craindre de me tromper. Comme il n’a jamais été question de mariage entre Johanne et moi, je trouvais ce songe spécial. Je savais au plus profond de moi-même que je devais la demander en mariage. Je n’avais aucune peur. Il me fallait vivre ces évènements. C’était une certitude incontournable.

Prochain cours 13 octobre 2018

Demande en mariage

    Arrivé à la maison, le matin venu, j’ai raconté mon rêve prémonitoire à ma sœur, qui habitait temporairement avec nous, et ma blonde. Je déclarai à Johanne mon désir de l’épouser, devant Diane. Je lui proposai de célébrer notre union en juillet prochain. Johanne fût étonnée ; elle s’était juré de ne plus jamais partager ses couteaux et fourchettes. De ne plus jamais se marier. Elle avait deux divorces à son actif.

Confidence

    J’ai appris plus tard que Jo avait déjà dit à ma sœur : « j’espère que jamais ton frère ne me demandera en mariage. Je serais incapable de dire non à la bonté de cet homme ». Johanne a quand même pris deux semaines pour y réfléchir même si je savais pertinemment qu’elle répondrait oui. 

Le mariage

    Tout se passa comme dans mon rêve ou ma prémonition. On se maria au palais de justice le 30 juillet de la même année. On fêta le lendemain avec nos invités dans la cour arrière au bord du lac. En espérant que dame nature serait de notre côté.

La pluie qui dérange

    Le matin du 31 juillet, j’aperçus mon beau-frère Yves assis à la table de cuisine, l’annuaire téléphonique à la main. 

                                                                               

Robert : Peux-tu me dire ce que tu fais à matin ? lui demandais-je sarcastiquement.

    Yves : Regarde dehors, il pleut à boire debout

    R : Et puis c’est quoi le problème

    Y : Je cherche un endroit où louer un chapiteau

    R : Es-tu malade, on ne loue pas un chapiteau à 9 heures un samedi matin de juillet pour fêter l’après-midi.

    Y : Je sais bien, mais ça ne coûte rien d’essayer.

    R : T’as raison, tentes ta chance.

    Au deuxième téléphone, Yves me regarde tout exciter. Il m’affirme que la personne au bout de la ligne en a un à louer.                                                                           Je lui arrache l’acoustique. Je m’informe à la dame des dimensions de son chapiteau. Elle me dit vingt pieds par quarante pieds. Je prends ses coordonnées en note, avant de lui dire que je la rappelle dans dix minutes. J’attrape un ruban à mesurer et demande à Yves de venir avec moi. À la pluie battante, on mesure la cour. Trente-cinq pieds par cent.

Un chapiteau en location

    Je rappelle donc la dame et lui dit que le chapiteau fait l’affaire. Elle me confirme qu’il sera installé à treize heures.                                                                                 Ce n’était pas donné, mais on était certain de passer la journée au sec avec nos invités. À une heure, le chapiteau était monté. À deux heures, les convives commençaient à arriver. Après coup, j’ai réalisé que dans ma prémonition, il y avait bel et bien un chapiteau blanc. J’avais totalement oublié ce détail.

    La pluie a cessé aussitôt les invités arrivés. Nous avons quand même profité du chapiteau puisque nous étions à l’abri du soleil.

La première et la dernière

Ce fut la seule prémonition vécue à ce jour. Je pouvais tomber d’un deuxième étage en sachant très bien que je m’en sortais puisque je me suis vu vivre mon mariage sur mes deux jambes. Ma certitude était telle que rien ne pouvait m’arriver avant le mariage. Quelqu’un quelque part a tenu à me faire vivre cette expérience en étant certain que j’irais jusqu’au bout puisqu’il me l’a fait vivre. Je ne lui ai jamais demandé, mais je soupçonne ma mère d’être l’instigatrice de ce beau phénomène.

Robert

 

 

4 Réponses à “Une vraie prémonition”

  1. André Morand

    Ça doit est enivrant d’avoir un signe si fort qui ne laisse place à aucun doute.

    Répondre
    • Robert

      Effectivement André, il faut le vivre pour connaitre les émotions reliées à une telle certitude

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *