La maladie et la mort de Wilfrid, père de Johanne

 

 

Une Médium vit comme tout le monde

Johanne a beau être une grande Médium, elle vit néanmoins sur terre. Elle doit tout comme nous tous traverser les épreuves que la vie lui apporte.

 

Son père Wilfrid

J’ai eu la chance et l’honneur de connaitre Wilfrid plusieurs années avant sa mort. Une belle amitié s’est développée entre nous. Je le surnommais affectueusement « le Vieux Christ ». Je le faisais rire chaque fois que je prononçais ces mots. Wilfrid était médium à sa manière, il était très discret et ne parlait jamais pour ne rien dire.

 

La maladie

Voilà qu’un jour, Frid nous arrive avec un diagnostique de cancer du côlon phase 4. Cette phase lui donnait à peine quelques mois à vivre. Nous étions alors en 2007.

 

Quoi faire

Frid demanda à sa fille Johanne, s’il devait accepter la chimiothérapie que le médecin lui proposait.  Je ne peux décider cela pour toi Papa, mais toi, pourquoi accepterais-tu ce traitement?

Frid : Si la chimio me laisse vivre un peu plus longtemps, cela me permettrait de préparer ta sœur et ta mère à mon départ. Toi, je sais que tu es prête.

Johanne : Alors prend la chimio Papa, mais laisse-moi te donner des soins énergétiques chaque fois que tu auras un traitement.

Frid : Tu ne vas tout de même pas te déplacer de Mandeville à Montréal chaque fois que j’aurai un traitement.

Johanne : Tu as conçu ta fille plus intelligente que cela Papa. Je vais te donner les soins à distance.

Frid : Alors y’a pas de problèmes, faits comme tu dis Johanne.

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Un fantôme

Frid nous racontait que lorsqu’il rencontrait son médecin, celle-ci le surnommait le miraculé. Le médecin n’en revenait pas de voir son patient en si bonne forme avec la chimio et son cancer qui progressait tout de même.

 

Une pièce d’homme

Il faut dire que Wilfrid était un homme physiquement imposant, peu de gens auraient osé l’affronter. Il dépassait les six pieds et avait la stature d’un boxeur. Frid devait faire dans les deux cent quarante livres tout habiller. Un homme impressionnant qui imposait le respect.

 

Le déclin

Frid avait beau être fort dans sa maladie, mais il déclinait graduellement. Son cancer l’a emmené à l’hôpital à quelques reprises, mais pour de courtes périodes. La dernière intervention chirurgicale qu’il a dû subir fut de courte durée. Le médecin a ouvert et a refermé aussitôt. Trop de métastases et trop dangereux de les propager si on manipule avec un scalpel.

 

Diagnostique

Nous étions dans la chambre lorsque «la» médecin entra et s’installa sur le lit de Frid. Bien assise à ses côtés, «la» médecin lui expliqua que la médecine ne pouvait plus rien faire pour lui, mais qu’il devait tout de même profiter de la vie qu’il avait devant lui. 

 

Une vie à vivre

Frid sortit donc de l’hôpital. Il se paya une visite au casino comme il aimait tant et des sorties aux restaurants, pour satisfaire son éternelle passion pour la bonne nourriture.

 

La fin

C’est le 13 septembre 2011, quatre années après le diagnostic de cancer, que Wilfrid fit sa dernière admission à l’hôpital.

Trois jours plus tard, lorsque son médecin entra dans la chambre pour offrir le protocole de derniers soins à son patient, Frid accepta. Voyant toutes ses amours réunies autour de son lit de mort, Frid prit la parole. Tu sais Jeanne et toi Guylaine, je me suis battu pour rester avec vous, mais maintenant, je ferme la porte. C’est à votre tour d’être forte, vous êtes capables.

 

Le lendemain

 Johanne et moi étions à Trois-Rivières avec des élèves à Johanne pour visiter la vieille prison. Johanne était en constante communication téléphonique avec sa sœur. Guylaine affirma à Johanne qu’elle voulait être présente lorsque son père rendrait l’âme. Lors d’un échange téléphonique, Johanne dit à sa sœur qu’elle devrait remettre son souper à plus tard si elle voulait être présente au départ de son père.

Il devait être 18 heures ce fameux 17 septembre 2011, lorsque Guylaine apprit à Johanne que c’était fini. Nous étions avec notre groupe, dans le stationnement du restaurant, prêt à entrer. Nous avons donc laissé les élèves de Johanne terminer la journée sans nous.

 

À notre arrivée

En entrant dans la chambre d’hôpital, Ti-Jeanne, la mère de Johanne, lui demanda si son père était encore dans la chambre. Oui Maman, il est avec nous.       Lorsque nous nous apprêtions à quitter, Ti-Jeanne exprima ses craintes de laisser son mari seul à l’hôpital et ils vont le mettre dans un réfrigérateur en plus. Voyons Maman, Papa va nous suivre. C’est son corps qui sera au froid, lui il vient avec nous. Comme une enfant, Ti-Jeanne était heureuse de savoir que Frid venait avec nous, chez lui.

 

Une belle mort

Les traitements énergétiques de Johanne n’ont pas gardé Frid à la vie, mais cela lui a permis de bien vivre jusqu’à la fin. Un cancer comme celui de Frid est très agressif habituellement. Frid a toujours gardé la forme et a profité de la vie jusqu’à la fin. Il devait peser dans les 220 livres à la toute fin.

On doit tous mourir un jour. C’est la façon dont cela arrive qui nous fait le plus peur. Être en mesure de vivre cette sortie dans la sérénité est un atout majeur. Il suffit probablement de croire en ce qui s’en vient de mieux pour nous, pour que tout se passe dans une belle plénitude.

Merci « Vieux Christ » pour cette belle sortie. Bon retour chez toi. Reste pas trop loin, on a encore besoin de toi ici.

 

 

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J’ai lu un texte de mon cru, la gorge sèche et le cœur en chamaille, lors des obsèques de Frid. En voici le contenu. 

 

Un homme exceptionnel

 

Quelle force de caractère tu avais, déjà dans la jeune vingtaine, pour quitter ton village de St-Luc avec une conjointe et deux enfants, dans le but d’affronter la grande ville afin de mieux gâter les tiens.

Déjà à cette époque, ta détermination et ton courage faisaient de toi un être unique et exceptionnel.

Toutes les embuches que la vie a laissé tomber devant toi n’ont fait que raffermir ta foi envers les trois femmes de ta vie.

Rien n’a jamais été plus important pour toi que ces trois femmes, et les deux petits-fils qu’elles t’ont donnés. Pour eux, tu as consacré la totalité de ta vie.

Même devant la mort, tu es resté un exemple à suivre.

Tes dernières paroles en ma présence furent :

Les filles, je me suis battu, mais là je suis fatigué. Je ferme la porte, c’est à votre tour d’être fortes, vous êtes capables.

Ces paroles, dignes d’un grand sage, démontraient l’incroyable sagesse qui t’a toujours habitée.

Tu refermais définitivement la porte le lendemain, en laissant tes trois amours debout fortes et sereines. Tu les avais bien préparées et de longues dates. Les petits-fils, quant à eux, traverseront cette épreuve comme une expérience de vie. Leur force et leur jeunesse les aideront à combattre leur peine.

Merci, Wilfrid, d’avoir traversé nos vies. Merci d’avoir encouragé mon union avec une de tes amours. Merci d’avoir été ce que tu as toujours été, un exemple à suivre.

Tu resteras toujours dans nos cœurs. Guide nos vies jusqu’à l’heure de notre propre passage. À ce moment, nous nous redonnerons la main et sûrement la plus chaleureuse des accolades.

Je t’aime, nous t’aimons tous Frid.

À bientôt

 

 

Robert

 

 

6 Réponses à “La maladie et la mort de Wilfrid, père de Johanne”

  1. André Morand

    Merci Robert de partager ce beau témoignage si émouvant. Tu as réussis à nous transmettre l’amour et la complicité qu’il y avait en vous deux. En espérant que l’on soit tous capable de trouver cette force et cette sérénité, le moment venu.

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  2. Huguette Landry

    texte très touchant . Ceux qui ont vécus la même épreuve vont sûrement avoir le coeur aussi gros que le tien Robert au moment où tu as lu cette dédicace à Wilfrid.Tu nous fais vivre des émotions fortes en maudit.

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  3. Karine

    Boulversant…
    À chaque fois que « j’entend » cette histoire…
    Ça vient heurter « La fille à son père » en moi …

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  4. Nathalie

    Le père de ma fille est aussi décédé d’un cancer…il était 9h00 le matin quand j’ai téléphoner à l’hôpital pour voir comment il allait car nous devions passé après le souper l’infirmière à l’époque m’avait dit qu’il lui restait probablement quelques jours…En raccrochant tout plein de frissons me sont passé sur le corps et une chanson s’est mise à jouer dans ma tête et c’était It’s now or never d’Elvis Presley…Je suis parti à toute vitesse chercher ma fille à l’école pour aller à l’hôpital et il est décédé environ 1hre après notre arrivé…!!! Je suis tellement reconnaissante d’avoir été avertie à temps pour que nous puissions lui faire nos adieux

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