Entrevue de Johanne avec France Gauthier

Johanne Villeneuve, médium

Nettoyer des maisons de leurs entités

Quand Johanne Villeneuve visite une maison, elle ne voit pas que les couleurs des murs, la décoration ou la hauteur des plafonds. Elle peut aussi y voir « des esprits qui se collent au plan terrestre pour toutes sortes de raisons ». Explication d’une ghost buster de métier.

Après avoir travaillé pendant plus de 20 ans dans une banque, Johanne Villeneuve a pris son courage à deux mains et a décidé d’exercer son métier de médium à plein temps. À part ses consultations privées pour recevoir des messages de personnes décédées et accueillir des guides, ainsi que les cours de médiumnité qu’elle donne à l’occasion, le gros des son travail consiste à « déloger des entités qui se manifestent dans les maisons et les aider à trouver leur lumière ».

Johanne, quels ont été les premiers signes de votre médiumnité ?
À l’âge de huit ans, j’ai prédit la mort d’une camarade d’école. En réalité, j’ai fait un voyage astral qui a duré deux semaines! Dès que j’entrais dans l’école, j’avais l’impression de pousser la porte d’un hôpital. Là, je voyais cette amie, étendue sur un lit, agonisante. Elle et moi, nous partagions un casier à l’école, et j’étais convaincue qu’elle avait essayé de se pendre dans ce casier. Un jour, les policiers sont venus me chercher à l’école…

Pourquoi ?
J’avais confié mon secret à ma mère et à des amies. La mère de la jeune fille l’avait appris et avait demandé à la direction de l’école d’intervenir pour que je cesse de répandre cette rumeur. Les policiers m’ont raccompagné à la maison et ont dit à ma mère que j’avais beaucoup d’imagination, mais ma mère savait que je disais vrai. Dix ans plus tard, à la une d’un journal, on rapportait que cette jeune fille, qui était devenue une femme, avait été retrouvée pendue…

Vos facultés inusitées vous ont-elles valu d’autres expériences ?
Oui. Durant mon adolescence, j’ai été témoin de plusieurs manifestations dans la maison familiale, comme une bouilloire qui siffle toute seule, des superballes qui sortent subitement du panier à jouets, des bruits inexpliqués…Aussi, avec mes parents, on appelait les esprits. Pendant ces séances, je voyais des êtres avec qui je pouvais parler. Mais en réalité, il n’y avait personne, que des gens décédés.

 

« Les entités se servent de mon corps pour communiquer avec les vivants »

Aviez-vous peur?
J’étais morte de peur! J’ai passé ma jeunesse à dormir la lumière allumée, une bible dans les mains, pour ne pas être harcelée par des mauvais esprits la nuit. À l’âge de 11 ans, par exemple, une de mes amies est morte accidentellement. Au salon funéraire, je l’ai vue debout , à côté de son cercueil. Elle me demandait de dire à sa mère d’arrêter de pleurer qu’elle se sentait bien. Mais je n’ai pas osé, de peur de passer pour une folle.

Aujourd’hui, vous faites ce que vous appelez du « décodage de maisons ». De quoi s’agit-il ?
On fait souvent appel à moi pour nettoyer des maisons d’entités qui sont restées attachées au plan terrestre. Quand j’arrive dans une maison, si je sens que la présence est celle d’un bon esprit, je lui demande simplement de passer dans la lumière. Et ça fonctionne, car plus souvent qu’autrement, il s’agit de défunts qui ont besoin d’aide et qui s’accrochent là où ils savent qu’ils vont en obtenir.

Et si ce ne sont pas de bons esprits?
Ils peuvent être bons, mais en colère. À ce moment-là, je fais des prières et je les invite à passer dans la lumière. Parfois, c’est très rapide, parfois, plus long. Dans ces cas-là, je fais brûler de la sauge et je joue de la musique avec un bol tibétain, ce qui les attire à moi. Puis, j’entre en transe profonde, et mon mari m’assiste. De cette façon, les entités se servent de mon corps pour communiquer avec les vivants, et c’est mon conjoint qui les aide à passer dans la lumière.

Est-ce que ces expériences vous ont déjà joué des tours ?
Je suis entré ans une transe profonde, alors que j’aidais un ami qui assistait à des manifestations étranges dans sa maison, à un point tel qu’il n’en dormait plus. Il nous a fallu 72 heures, à mon conjoint et à moi, pour faire passer cet esprit dans la lumière. Depuis, je n’accepte plus qu’on se serve de mon corps pour faire partir ces énergies négatives.

Vous faites aussi de la voyance. Racontez-nous une anecdote qui vous a marqué à ce chapitre.

L’hiver dernier, une femme m’a appelé pour que je l’aide à trouver un jeune cousin porté disparu. Quelqu’un qui sait que j’ai un don de clairvoyance lui avait parlé de moi. J’ai simplement demandé le nom de la personne disparue et une photo. Mais je n’ai pas reçu beaucoup d’information de cette façon. J’ai donc demandé à la famille qu’on m’envoie un vêtement du disparu.

Et quel a été le résultat?
J’ai pu voir qu’il avait perdu pied en tentant de se relever et qu’il était tombé dans une rivière gelée. Le lendemain, la femme m’a rappelé par cellulaire de l’endroit où son cousin s’était rendu le jour de sa disparition. À l’aide du voyage astral, je l’ai guidée par téléphone et je lui ai indiqué les moindres pas qu’elle devait faire pour atteindre la pierre de laquelle le jeune homme était tombé. Mais je savais qu’on ne retrouverait pas le corps avant la fonte des neiges…

Est-ce que vous disiez vrai?
Au printemps, son corps a émergé près de Rimouski, et le coroner a confirmé qu’il avait glissé et s’était débattu pendant 10 minutes, avant de mourir d’hypothermie. J’avais déjà dit à la famille qu’il ne s’agissait pas d’un suicide. Et ça aussi, le coroner l’a confirmé.